Confiance

13/03/2015 18:14

 

Bien étrange cette confiance qui va et vient au cours de notre existence sans que l’on ne sache réellement ce qui la sous-tend.  Nous voilà bien démunis sans elle, nu face aux rigueurs de la vie.  Comment affronter l’inconnu, ce qui fait peur, ce qui risquerait de mettre à mal notre estime personnelle ?

Pourquoi donc est-il si difficile de l’invité chez soi ?  Pourquoi nous fuit-elle au moment où elle aurait dû nous rendre fort ?  Pourquoi donc ces aléas de la vie nous font-ils si peur, nous rendent-ils si petit que toutes nos capacités s’évanouissent derrière la montagne que nous percevons devant nous ?

Laissez-moi donc vous révéler un secret.  Je souffre depuis toujours du vertige.  Ce sentiment terrible et insensé de la chute face au vide.  Sensation paralysante qui annihile totalement toute capacité physique et intellectuelle au moment où elle s’empare de vous.  Elle peut se produire n’importe où, n’importe quand, au détour d’une situation banale pour le commun des mortels.  Elle oblige à trouver des stratégies de contournement parfois très élaborées pour ne pas devoir entrer dans des explications pas toujours faciles à comprendre face à la banalité de la situation. 

Mais le plus difficile n’est pas tellement la réaction souvent particulièrement empathique des interlocuteurs.  Le plus difficile est de constater que ce qui semble facile pour 90 % de la population est impossible pour moi.  Cet escalier trop droit, cette pente trop raide, ce sentier trop vide, deviennent à eux seuls le symbole d’une impuissance terrible éveillant des peurs d’autant plus culpabilisantes que totalement irrationnelles au regard des paramètres réellement en jeu.

Une fois dans ma vie pourtant, une falaise s’est offerte à moi.  J’ai sillonné ses sentiers jusqu’à la cime et je n’ai pas failli.  Quelqu’un m’a pris par la main ce jour-là.  Quelqu’un qui ne voyait pas la montagne de la même manière que moi et qui avait confiance dans sa capacité à parvenir au sommet.  A ce moment précis, parce que je lui faisais confiance, cette personne a été capable de me communiquer sa propre confiance. Au pied du sentier, j’ai fait taire la peur.  Au milieu du chemin, le vide à ma droite, j’ai regardé devant moi et mes pas ont étonnement suivi.  La confiance de l’autre m’habitait et était devenue mienne.  En haut, j’avais le souffle coupé.  Pas par la peur mais par la beauté du spectacle.

Je ne tiens pas à recommencer.  Je suis comme je suis et mes stratégies d’évitement sont suffisamment rôdées pour bien vivre cette forme de handicap.  Je n’en ai pas besoin.  Ce n’est pas la performance qui était importante mais le fait d’avoir vécu au moins une fois le sentiment de confiance là où il faisait systématiquement défaut.

Pascal DENHAERINCK

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