Danger sur l’emploi des plus de 50 ans

17/04/2015 15:00

La Région Wallonne annonçait dernièrement dans la presse que le chômage était en décroissance pour le dixième mois consécutif.  Une bonne nouvelle en soi même si nous devons mettre ces chiffres en relation avec ceux de l’incapacité de longue durée qui ont une fâcheuse tendance à la hausse depuis belle lurette.

Acceptons quand-même ces chiffres comme une bonne nouvelle.  En creusant quelque peu les statistiques, j’ai néanmoins été frappé par une donnée en particulier.  Alors que la baisse est présente pour toutes les catégories d’âge et pour les deux sexes, une catégorie dénote de l’optimisme ambiant.  Le chômage des plus de 50 ans augmente de plus de 4 %. 

Qu’est-ce qui peut donc expliquer ce phénomène dissonant ? 

Une très récente enquête de la FEB auprès de ses membres concernant l’évaluation de la CCT104 (pour les non-initiés, il s’agit de la convention collective de travail promouvant l’emploi des 45 + par l’instauration de plans spécifiques au sein même des entreprises) met en lumière que 52 % des entreprises considèrent que le coût des travailleurs âgés est un des principaux défis RH en matière de vieillissement actif.  Il s’agit du premier défi cité devant « l’inadaptation de la fonction » et  « la pénurie actuelle et future ».

Le vieillissement actif est donc plus un problème financier à résoudre pour l’entreprise qu’un défi sociétal.  Il y a fort à parier que, malgré la volonté des partenaires sociaux de maintenir l’emploi des travailleurs  de plus de 45 ans en instaurant la CCT104, le réflexe de l’entreprise qui doit maîtriser ses coûts reste la limitation de l’effet de l’ancienneté sur les salaires.  Cela n’incite guère à maintenir l’emploi des plus âgés et moins encore à les engager.

Ajoutons à ces premiers ingrédients du cocktail, les récentes mesures de nos deux derniers gouvernements en matière de recul de l’âge de la retraite, de l’accès aux prépensions conditionné à la recherche d’emploi ainsi que de dégressivité et de suppression  des allocations de chômage dans le temps. On est en droit de se poser la question de la situation des travailleurs qui auraient le malheur de perdre leur emploi passé 50 ans.  Hors, si l’on s’en tient aux dernières statistiques du chômage,  il s’agit de la seule catégorie où la perte d’emploi est significative.

Lors d’une journée d’étude que j’ai pu animer autour de la CCT104 avec des DRH, j’ai été assez étonné de constater les difficultés auxquelles ils étaient confrontés au moment d’élaborer leur plan pour l’emploi des 45+.  De nouveau, l’étude de la FEB mentionne un certain nombre de pistes.  Le développement des compétences et des qualifications, la santé du travailleur, la possibilité d’adapter le temps de travail, l’accompagnement des carrières,…Mais il régnait un certain scepticisme sur l’efficacité de ces mesures par rapport à l’objectif du maintien à l’emploi.  Et pour cause, seules, 6,9 % des entreprises citent dans l’enquête l’accroissement du nombre de travailleurs de plus de 45 ans comme objectif du plan pour l’emploi.  La plupart (76,4 %) se contenteraient bien du statu quo…sans garantie d’y parvenir.

L’emploi de nos plus de 50 ans est-il en danger alors que toutes les décisions politiques leur demande de rester plus longtemps au travail ?  Quelles mesures seront-elles prises pour accompagner et aider les entreprises à atteindre ces objectifs politiques et, derrière eux, ces enjeux sociétaux ?

 

 

A suivre…

 

Pascal DENHAERINCK

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